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Livres

Le livre du mois : Nord sentinelle de Jérôme Ferrari

Je suis une inconditionnelle de cet écrivain, lauréat du Goncourt 2012 pour “Le Sermon sur la chute de Rome », de son écriture, de ses longues phrases empreintes de légéreté. 

Premier volet d’une trilogie, ce texte mêle les styles, du polar à la tragédie en passant par le surnaturel, et dénonce la déliquescence du monde moderne à travers l’image du tourisme. Il a le don pour décrire la laideur et la stupidité avec beauté et intelligence.

Le pitch : Pour s’être fait imposer un vin hors de prix au restaurant et y être revenu le lendemain avec sa bouteille en poche, un étudiant en médecine qui passe ses vacances en Corse depuis son enfance, est poignardé par le restaurateur, Alexandre Romani, au milieu d’une foule de touristes. À partir de cet événement, le narrateur remonte la ligne d’une dynastie de médiocres contaminée par une violence érigée en vertu. 

Sur un fil tragi-comique, dans une langue vibrante aux accents corrosifs, Jérôme Ferrari retrouve l’un de ses thèmes phares, la violence insulaire, et entame une réflexion sur ce qui lie exploration, colonisation et tourisme. Sur ce qui, dès le premier pas posé sur le rivage, corrompt la terre et le coeur des hommes. 

Un livre à l’humour grinçant qui fait réfléchir, comme tous les livres de Jérôme Ferrari. Je viens de terminer le deuxième volume de la trilogie, que je vous conseille aussi. « Très brève théorie de l’enfer » nous transporte cette fois à Abu Dhabi (où Jérôme Ferrari fut professeur de philosophie), et s’attache à raconter l’histoire d’une famille d’expatriés et de leur domestique sri-lankaise. Un livre sur les différentes réalités de l’immigration qui se côtoient parfois sans se connaître, la violence des rapports de classe et la mauvaise conscience.

Aux éditions Actes Sud