Dans un autre registre, le dernier livre de l’écrivaine indienne militante politique Arundhati Roy qui revient à la littérature après le décès de sa mère.
Dans ce récit d’une infinie beauté, l’auteur du « Dieu des petits riens » raconte son enfance dans le Sud de l’Inde avec son frère et sa mère Mary, célibataire et combative, adulée dans toute la région pour avoir créé une école. Pourtant, en privé, elle montre un autre visage, celui d’une femme irascible, exigeante voire abusive avec ses enfants. Une figurę maternelle double qui aura été pour Arundhati Roy “son refuge et son orage”. Elle nous raconte la violence de son enfance, puis son départ à seize ans pour fuir le foyer familial et découvrir la liberté à Delhi, y vivre ses premières amours, découvrir le monde de l’architecture puis du cinéma, et goûter au succès international très jeune avec la publication éclatante de son premier roman. Suivront ses combats contre l’injustice et le gouvernement hindou…
Mais au-delà de la vie de l’autrice, le centre névralgique demeure le portrait d’une mère insaisissable qu’elle vient de perdre, personnage romanesque haut en couleurs, aussi fascinant qu’effrayant.
Un petit bijou d’une intensité rare sur la relation mère-fille et en creux, comme toujours chez Roy, l’histoire de l’Inde.
Chez Gallimard