Propre, c’est une histoire qui nous hante longtemps après en avoir terminé la lecture. C’est le monologue d’une domestique enfermée quelque part (une cellule ? derrière la vitre sans tain d’une salle d’interrogatoire ? dans sa propre conscience ?) qui retrace, dans un récit lucide, impitoyable et brutal, les étapes menant au drame qui fera s`effondrer le décor d’une vie « propre ». Dès le départ, on sait que la fille de la famille bourgeoise pour laquelle Estela travaille est morte. Estela a quitté le sud du Chili pour s’occuper pendant sept ans de la petite Julia, fille d’un couple bourgeois de Santiago. A la fois nounou, femme de ménage, bonne à tout faire, elle raconte chaque étape menant au drame (la chienne, les rats, les aveux, le poison et le pistolet), installant un suspense oppressant.
Un roman psychologique haletant, angoissant et addictif, à travers lequel notre époque se dessine – une société fracturée par les rapports de domination et d’argent, où les uns vivent dans l’ombre des autres.
L’avocate et écrivaine chilienne Alia Trabucco Zeran a reçu le Prix Fémina étranger 2024 pour ce deuxième roman traduit après La Soustraction (Actes Sud, 2021).
Aux éditions 10/18