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La BD du mois : Dames de fraises, doigts de fée d’Annelise Verdier

J’ai découvert les éditions Alifbata nées en 2015 de l’envie de faire connaître en France et en traduction française la bande dessinée du Maghreb et du Moyen-Orient, quand j’ai invité Nadia Hathroubi-Safsaf au JAAL Riad Resort pour sa bande-dessinée « Qui a tué Asmahan ? ».

Aujourd’hui, je vous parle de «Dames de fraises, doigts de fée» d’Annelise Verdier, une bande-dessinée librement inspirée de l’enquête éponyme de la géographe spécialiste en migration et directrice de recherche au CNRS, Chadia Arab, parue précédemment aux éditions En Toutes Lettres au Maroc. Annelise Verdier a déjà publié un roman graphique sur la décennie noire algérienne (Une jeunesse kabyle), et un autre pour le magazine Gibraltar sur les saisonnières marocaines en Andalousie, avant de mettre en image le parcours de Farida, Nadia et Najet, du Maroc aux champs de fraises de Huelva (Espagne).

Comme des milliers d’ouvrières saisonnières, les trois protagonistes quittent le Maroc chaque année, laissant derrière elles maris et enfants pour récolter «l’or rouge», sous des serres étouffantes. Le travail effréné, le soleil et les pesticides épuisent des corps déjà en proie aux humiliations des employeurs. Mais chemin faisant, les trois ouvrières apprennent l’entraide et la solidarité.

L’éditeur souligne que  «ces planches illustrent les conditions de vie et de travail de ces « dames de fraises » choisies pour la précarité de leur situation». Si leur migration voulue circulaire assure toujours leur retour au pays d’origine, l’amélioration pérenne de leurs conditions de vie et celles de leurs enfants reste posée.

Préfacée par Chadia Arab, la bande dessinée donne un visage aux récits de la géographe franco-marocaine, c’est un coup de projecteur sur ces invisibles perpétuellement décriées par les extrêmes droites européennes et sur certaines chaînes d’info en continue, mais qui restent indispensables à la bonne marche d’un système.

Aux éditions Alifbata. Sortie courant octobre au Maroc en coédition avec En toutes lettres