Habituellement, j’aime faire la promotion des marques marocaines, mais 10 années à la tête de la rédaction d’un magazine de décoration, ça laisse des traces.
En septembre, c’était le Salon Maison & Objet et la Paris Design Week, deux évènements auxquels j’assistais chaque année. Si je n’y vais plus, je continue à jeter un œil sur les nouveautés présentées à cette occasion.
Là, j’ai craqué pour une collaboration entre l’artiste britannique Rachel Whiteread et la maison Puiforcat (dont j’ai visité les ateliers à Pantin pour l’écriture d’un reportage dans une autre vie).

À partir de simples morceaux de carton ondulé, la sculptrice, graveuse et dessinatrice a conçu un broc, des timbales, un plateau et des ronds de serviette, laissant apparaître les plis, les bords irréguliers et les cannelures. Les talentueux artisans de l’orfèvre français appartenant à Hermès depuis 1993 ont transposé les formes en argent massif, à l’issue d’un travail minutieux, fidèle jusque dans les imperfections et les traces d’usage.

Ce qui m’émeut dans cette collaboration, c’est le dialogue entre l’hyper luxe et un objet du quotidien, entre une matière fragile et un métal précieux. Ici, l’objet porte encore la mémoire de sa forme d’origine. Une belle interprétation du Wabi Sabi à la japonaise qui célèbre l’imperfection des choses.