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La bonne action : Le tour en calèche à la redécouverte de Marrakech

Samedi dernier j’ai fait mon premier tour en calèche et j’ai adoré.

Je m’étais toujours dit que c’était un truc de touristes, mais là, alors qu’il n’y a pas trop de circulation et de pollution, j’ai trouvé l’expérience très agréable. Cela m’a permis de redécouvrir ma ville avec un oeil nouveau au rythme des chevaux et du cliquetis de leurs sabots sur les pavés.

Cela m’a rappelé les promenades en Bateaux mouches qui me ressourçaient quand je vivais à 200 à l’heure à Paris.

Abdelaziz nous attendait devant le Jardin Majorelle avec sa calèche étincelante et son équipage de deux chevaux aux robes grises. Notre circuit d’1h30 nous a conduit de Guéliz à l’hivernage, de la Kasbah au Mellah en passant par le pPalais royal, de la place Jemaa El Fna au Jardin Majorelle. Déjà prête à réitérer l’expérience à une autre heure de la journée.

Si j’ai pu faire ce tour en calèche, c’est grâce à la mobilisation de nombreuses personnes. La crise sanitaire a cloué dans leurs écuries chevaux et calèches et les cochers se sont trouvés très vite dans l’impossibilité de nourrir et soigner leurs animaux.

Un article du Washington Post publié en août consacré à la mort des calèches a interpellé Kenza Fenjiro, citoyenne engagée et Emmanuelle Sarrazin de la Petite Librairie by Emma.

Elles ont alors créé le collectif « Sauvons les calèches de Marrakech ». Khalil et Catherine Reda de l’association « Le Cheval libre » pour la promotion de l’art équestre marocain ont rejoint l’aventure, ainsi que Patrick Bouvard. La SOREC (Société Royale d’Encouragement du Cheval) donateur de la SPANA (Société Protectrice des Animaux et de la Nature) a organisé une distribution de nourritures pour les chevaux (elle l’avait déjà fait en avril). Et le collectif est allé sur le terrain avec Rachid, président de l’association des conducteurs de calèches, visiter les 500 chevaux encore en vie mais en piteux état (mangeant 20% de leur ration habituelle). Une trentaine de chevaux en état d’urgence ont été pris en charge par la SPANA et le refuge de l’anglaise Susan Machin, Jerjeer mule and Donkey refuge.

Des chevaux ont été soignés chez eux et une levée de fonds a permis l’organisation d’une distribution de son et de luzerne et le ferrage de 100 chevaux.

Ces actions ont éveillé les consciences. L’Hôtel Kenzi Club Agdal a initié une opération de solidarité avec des bloggeurs et journalistes marocains. L’association Kech’ Jeunesse soutenue par Hamed Ghayat et Cyrille Oulion a également organisé des ballades en calèche début septembre et début octobre, et en prévoit une autre by night. L’association Coeur & Act a donné 50 paniers qui ont été distribués aux cochers à la retraite et aux plus démunis. 80 tonnes de nourriture viennent d’être distribuées par la Wilaya.

« Mais il y a encore beaucoup à faire, explique Kenza Fenjiro. Le collectif travaille à une charte éthique pour le bien-être des chevaux. On continue à les soutenir et ils s’engagent à prendre soin de leurs animaux, à les nourrir, à les ferrer, à les soigner. Le conducteur s’engage aussi à bien se conduire, à avoir de beaux attelages car ils sont un patrimoine immatériel de Marrakech ».

Alors que la majorité des chevaux vivent chez leurs propriétaires dans de mauvaises conditions, l’idéal serait que la ville construise une écurie que l’on visiterait en famille. On pourrait aussi y présenter l’histoire des calèches comme celle d’Haj Mohammed de la calèche 57 qui est cocher de père en fils depuis trois générations.

Bref le Collectif a plein d’idées et si vous voulez le soutenir, rendez-vous sur sa page facebook @sauvonslescalechesdemarrakech

Vous pouvez aussi et surtout faire un tour en calèche pour vous faire plaisir et participer à la préservation de ce magnifique patrimoine.

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